Rhum Caraïbes, de Maxence Fermine

Rhum Caraïbes nous relate la rocambolesque et incroyable vie d’Aristide Sainte-Rose, homme de pauvre condition, installé par hasard dans le petit bourg côtier de Carambole, situé près de la petite ville de Bouillante en Guadeloupe. Il est sûr qu’il fera un jour fortune, et c’est pourquoi il n’a de cesse d’inventer des objets de toute sorte dans l’atelier qu’il s’est construit derrière sa maison, et surtout, de chercher des combines toutes aussi farfelues les unes que les autres dans le but de trouver enfin cette richesse qui lui donnera la belle vie.

Mais toutes les entreprises d’Aristide finissent inévitablement par un échec fracassant. Tout cela à cause de la malédiction qui pèse sur sa famille depuis des générations. Car Aristide Sainte-Rose est le descendant du troublant Capitaine Bonaventure Santa-Rosa, un esclave vairon qui avait vécu au milieu des pirates et des boucaniers deux cents ans auparavant, et qui n’a de cesse de lui apparaître.  Ses enfants eux-mêmes  feront tous les frais de cette étrange malédiction chacun à leur triste manière.

Un jour pourtant, la chance lui sourit. Il achète à prix d’or un vieil alambic sans le dire à Elora, sa femme (avec qui il s’est marié car elle l’avait vu en rêve). Il se lance dans la distillation du rhum et se met alors enfin à bien gagner sa vie en vendant dans toute la région cette merveilleuse “vitamine du bonheur”.

Rhum Caraïbes se lit comme petit livre d’aventures très condensé, mais dont l’écriture aurait tout de même quelque chose de ce chapitrage propre aux anciens feuilletons publiés de manière hebdomadaire. Maxence Fermine ne prend pas le temps de développer ses personnages et préfère nous laisser les deviner au travers des aventures qui leur arrivent. Il réussit à créer une ambiance des îles où se mêlent croyances, magie et fantaisies, mais définitivement, il manque quelque chose à ce récit.. Comme un conte auquel on aurait enlevé sa morale, comme un film dont on ne voit pas le but. Rhum Caraïbes se lit avec un certain plaisir, mais on sort de cette lecture davantage avec une interrogation : qu’a-t-il  bien pu vouloir nous dire ?

Rhum Caraïbes, de Maxence Fermine, Albin Michel, 250 pages.

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