La liste de mes envies, Grégoire Dalacourt

Qui n’a jamais rêvé de gagner le gros lot ? Allez.. juste un instant. Histoire de changer sa robe contre une garde-robes haute couture (pour les femmes), de se payer une voiture de luxe (pour les hommes),  de s’acheter les derniers gadgets high-tech à la mode (pour les geeks)… Rêver.

Rêver. C’est ce que fait Jocelyne, mariée à Jocelyn. Tous deux parents d’une fille, un garçon, et un ange parti trop tôt. Tous deux vivant modestement.

Lui rêve continuellement de s’acheter un bolide, et un écran plat géant. De son côté, Jocelyne regarde la réalité par le prisme de son œil de mère amputée d’un enfant, héritière d’une mercerie qui fait son chiffre depuis qu’elle a ouvert un blog. Son passe-temps, en dehors de la mercerie, c’est discuter avec ses copines les jumelles, en quête d’une paire d’hommes idéaux.

Encore un rêve que ces deux filles conjuguent avec l’espoir de gagner le loto, auquel elles jouent chaque semaine avec cérémonie.

Mais qui sait si un jour le jackpot ne pourrait pas tomber entre les mains de qui ne s’y attend pas du tout ? Et si le pactole était destiné à quelqu’un qui en aurait peur ? Quand on peut assouvir tous ses désirs, est-il possible de rêver encore ? Et que deviendrait la vie sans la cruelle inaccessibilité des envies ?

Grégoire Delacourt parvient avec une histoire simple, à peindre toute la complexité des sentiments humains, vraiment humains, éprouvés face à l’argent et ses possibilités.

Une sorte de roman/conte qui explore la dangerosité d’un mal du siècle qui peut tout détruire. Une sorte de génie malin du monde moderne, qui peut saccager ce qu’il reste en nous d’humanité à l’instant où il nous apparaît.

Avec Jocelyne, Grégoire Delacourt crée le personnage populaire qui possède tous les vices du «bon» : ce sont ses qualités qui la mènent à sa perte, et ses défauts qui la convaincront qu’agir au pire est légitime.

Un roman pas si simple qu’il n’y paraît. Un roman juste.

 

La liste de mes envies, JC Lattès, 2012.

 

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About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.