[CONCOURS] Gagnez des Blu-ray de Melancholia de Lars von Trier !

Attention, lisez bien l’article qui suit si vous souhaitez gagner l’un des 2 Blu-ray mis en jeu sur Paris-ci la culture par Potemkine Films ! De nombreux suppléments viennent enrichir l’édition ; une plongée au cœur de la genèse du film et des rouages du « système von Trier » !

  • Commentaire audio de Lars von Trier et Peter Schepelern (130 min).
  • Rencontre avec le cinéaste et nombre de ses collaborateurs : Autour du film (12 min), Esthétique du film (10 min), Effets spéciaux (7 min), Eclairage scientifique (4 min).
  • Conférence de presse de Cannes dans son intégralité (41 min).
  • Filmbyen, la nouvelle Mecque  du cinéma ? de Pablo Tréhin-Marcot (52 min). Ce documentaire revient sur la création de la ville-cinéma de Lars Von Trier et de son producteur de toujours.

Ne manquez pas votre chance, et soyez attentifs !

Melancholia s’ouvre sur des images énigmatiques et saisissantes, où l’on voit les personnages aux prises avec les éléments, cheminant dans des ralentis surréalistes dans un environnement dont les couleurs sont hautement reconnaissables : nous sommes bien dans l’univers de Lars von Trier, aux tons prononcés et inhabituels, éclairés d’une manière presque dérangeante pour la rétine : ni trop sombre, ni trop lumineux, l’ensemble donne l’impression d’avoir été rajusté pour mieux se décoller du réel. Les éléments ne semblent pas raccordées entre eux, ils évoluent visuellement sur plusieurs dimensions (1) qui s’assemblent pour donner un paysage hors normes, intrigant. L’étrange introduction s’achève par non moins que la fin du monde, par le télescopage d’une planète inconnue avec la Terre, sur le prélude de Tristan et Isolde de Wagner.

La suite s’articule en deux chapitres : le premier s’intitule Justine, le second s’intitule Claire.

Claire : la peur de mourir

C’est dans la seconde partie, appelée « Claire » que l’on comprend ce que cette dernière craignait. Alors que la première partie du film se déroulait au milieu d’une foule de figurants, dans le faste, l’agacement, l’encombrement de lieux mouvants filmés à l’épaule, la seconde est un huis clos. Justine est accueillie par John et Claire dans le manoir. Elle est totalement prise en charge par sa soeur, qui seule possède la volonté d’assumer l’anéantissement constant de Justine, qui ne semble plus pouvoir se porter, s’effondre invariablement, et ne montre aucune envie de se battre.

Pour encadrer ce contraste sororal, il y a l’ombre de Melancholia, une planète qui approche dangereusement de la Terre, et dont personne n’arrive à cerner avec certitude la direction exacte. Va-t-elle heurter la Terre ? Va-t-elle au contraire passer son chemin ?

Claire, si prompte à garder les pieds sur terre, perdra de sa superbe à l’idée de cette menace. Gérer la déprime et l’instabilité de sa soeur est une chose, une chose qui fait partie de la vie semble-t-il, même si clairement, Justine se trouve davantage du côté de la mort, déjà. Mais la menace de deux planètes risquant de se pulvériser l’une contre l’autre, ce n’est pas quelque chose qui se gère, qui s’apprivoise, qui s’envisage. Surtout, ce qui ne s’envisage pas dans tout cela, c’est la mort, sa propre mort.

Microcosme vs Macrocosme

Ce dont Justine a peur, c’est peut-être de vivre. C’est pour certains infiniment plus compliqué que de mourir. Elle dira à un moment que ce qu’il y a sur cette terre c’est le mal. Le mal, c’est la vie, car la vie mène à la mort de toute façon. La mort, pour Justine, est plutôt envisagée comme une délivrance. Claire de son côté l’entrevoit comme ce qu’il faut absolument éviter, ce contre quoi il faut se battre : il n’en demeure pas moins que pour se battre contre la mort il faut se battre avec et dans la vie.

Finalement, c’est celle qui a peur de la vie qui s’éloigne le plus de la souffrance, et celle qui a peur de la mort, et souhaite en préserver les autres, qui semble au contraire aller vers davantage de douleur. A mesure que la « délivrance » approche pour l’une, l’autre sombre peu à peu dans l’hystérie : celle qui a peur de la mort et peur pour les autres finit par souffrir pour les autres. Elle n’est pas dans la résignation, elle va au contraire de la peur à la douleur, en passant par la terreur.

La peur n’évite pas le danger

Il ne sert à rien à Justine d’avoir peur ni de se laisser aller à la dépression. Il ne sert à rien à Claire de tout faire pour ne pas craquer, pour garder la tête haute puisque le moment venu elle est encore plus effrayée que les autres, et finit par sombrer dans l’hystérie.

L’approche d’une potentielle apocalypse se déroule donc dans un huis clos : les deux soeurs, le fils de Claire, et John. On ne saura rien de ce que le reste de la planète envisage ou redoute. Même les informations télévisées sont absentes. C’est un huis clos plus que parfait, où même les éléments semblent se jouer peu à peu des potentiels évadés, les empêchant de franchir ce pont qui pourrait leur ouvrir une voie vers le reste de la civilisation.

L’univers, qui entre en scène et vient bouleverser chacun dans ses conflits microcosmiques, aura raison de toutes les peurs, de tous les espoirs individuels. Dans Dogville, le spectateur occupait un peu la place de Dieu : il voyait tout. Melancholia le remet un peu à sa place, le laissant finalement dans un noir sidéral, après un cataclysme époustouflant.

Paris-ci la Culture vous propose de gagner deux Blu-ray de Melancholia, en partenariat avec Potemkine Films. Pour les gagner, répondez à ces 3 questions, et vous aurez peut-être la chance d’être tiré au sort parmi les bonnes réponses :

1/ Dans quel autre film de Lars von Trier a joué Charlotte Gainsbourg ?

2/ Qui joue le rôle du mari de Claire, John ?

3/ Quelle est la musique d’introduction de Melancholia ?

Envoyez votre mail ICI. Participation en France Metropolitaine seulement !

Attention ! Vous avez jusqu’au 26 octobre 2012 !

Bon jeu !

(1) Voir, à propos de ce phénomène, l’étonnante page consacrée au film, où l’on fait défiler des photos auxquelles se superposent des éléments qui semblent « flotter » et avancer à une vitesse différente de l’image de fonds, au fur et à mesure que l’on monte ou descend. http://www.melancholiathemovie.com/#_directorsstatement

 Cet article est déjà paru là.

 

Articles relatifs :

About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.