Hadès, de Shô Aimoto

Itsuhito Hadès débarque un jour au collège de Tokofushi pour y tenir le rôle d’infirmier. L’infirmerie étant un endroit où l’on se rend lorsqu’on va mal, personne ne s’attendait un jour à y être accueilli par un jeune homme au visage et aux mains dont la peau est étrangement fissurée… telle une statue sur le point de se briser.

 Aussitôt, le mystérieux bonhomme intéresse les élèves qui se divisent alors en deux camps : ceux qui fuient l’infirmerie, trop effrayés, et ceux qui sont fascinés par le personnage au point  d’user de stratagèmes saugrenus pour en apprendre davantage à son sujet.

 En réalité, Ashitaba, Fuji, Mimasaka et Kaburagi ne vont pas tarder à s’appercevoir qu’Hadès est bien davantage qu’un infirmier, et qu’ils avaient par ailleurs raison de croire en ce côté mystérieux qu’il dégageait. Tendre et prévenant avec les élèves, parfois même complice et quelque peu laxiste, Hadès est en réalité un redoutable chasseur de psycho-démons, ces sentiments noirs qui investissent l’âme d’un élève pour le détruire, et détruire son entourage.

 Ashitaba et ses amis en feront d’ailleurs directement les frais, et Hadès sera là pour les sauver, et démontrer par là même qu’il est un homme bon. Mais le mystère de ce « roi des enfers » est bien loin d’être éclairé car il semblerait qu’Hadès tire également ses pouvoirs d’un psycho-démon qui l’habiterait depuis bien longtemps, et qu’il aurait fini par vaincre… quel est son nom ?

 Autour du héros, empruntant son nom à l’une des plus grandes figures de la mythologie grecque, Shô Aimoto a sû recréer un monde où les mauvais sentiments tels que la jalousie, la peur ou le narcissisme deviennent des personnages maléfiques capables de foudroyer leur hôte. On aurait pu craindre un certain manichéisme, mais cette métaphore originale des banalités de la vie est au contraire vraiment sympathique, portée par des figures attachantes, rafraîchissantes, drôles, aux caractères bien trempés.

 Le tome 2 sort en septembre 2012. Série en 10 volumes.

Hadès, Shô Aimoto, Delcourt/Akata, vol 1, juillet 2012,192 pages, 6,99 euros.

Voir les autres mangas lus pour le site

Articles relatifs :

About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.