Metroworld, à IVT

Métroworld est un spectacle visuel bilingue, sur l’idée de la diversité, interprété par 3 comédiens sourds de différentes nationalités : italienne, française et allemande.

Thème de la pièce : Bloqués dans la rame d’un métro, trois voyageurs immergés dans leur solitude technologique sont contraints de redécouvrir la sociabilité naturelle de l’homme, dialoguer et mesurer la différence de leur culture. En l’an 2062, le progrès technologique a transformé la planète Terre en un petit village du cosmos en modifiant profondément les us et coutumes et la nature de l’homme. On va de Tokyo à New York, de Vancouver à Santiago, de Moscou à Sydney comme on allait d’un quartier à l’autre dans une petite ville au début du siècle.

Copyright : cie On-Off

Metroworld, c’est d’abord être accueilli à IVT par deux agents de la compagnie « Metroworld » donc, si vous avez bien suivi. On vous met tout de suite dans l’ambiance. Vous allez voyager à travers le monde, puisque ce métro très particulier joint New-York à Tokyo en passant par Londres, Bruxelles, Berlin et Amsterdam, entre autres. Aswad, voyageur et dessinateur commence par nous expliquer qu’il considère le métro comme sa maison : ici son salon, là son atelier de pensée… dessinateur et voyageur, il est bientôt rejoint par Ophélie, une étudiante enceinte qui visiblement aimerait qu’on la laisse lire « seule ». Solitaire endurcie, elle n’aspire qu’à l’épuration de son espace vital. Ce duo est très vite complété grâce à l’arrivée de Mark Businessman américain,tout droit sorti de la plus grande école mondiale d’économie, à New-York.

Crédit photo : cie On-Off

 Les trois personnages vont donc devoir mettre de côté leur solitude : subitement coincés dans le sous-terrain, Aswad ne supportant pas que les gens s’ignorent, préférant communiquer dès que c’est possible, chacun d’entre eux sera amené à se dévoiler un peu, et peut-être surtout pour faire barrage aux à priori qui flottent dans l’air. Car qui sont-ils vraiment ? Pourquoi Aswad erre-t-il avec autant d’aise dans le métro ? Que va faire Ophélie ? Qu’est-ce qui anime réellement Mark, sous ses airs de financier pince-sans-rire ?

Copyright : cie On-Off

Le spectacle Metroworld offre d’abord une perspective assez intéressante sur les rapports humains dans un endroit confiné. Ce n’est pas un mystère, le métro, à Paris comme partout ailleurs, devient très vite invivable. Ici, on y trouve une poésie toute rafraîchissante, et une petite leçon sur la différence qu’il convient de faire entre apparence et personnalité. Chacun des personnages arbore en effet une attitude à l’opposé de ses origines, de ses aspirations.

Le spectacle soit en langue des signes, avec des voix-off, si bien qu’il est un vrai plaisir à la fois pour les sourds et les entendants, sans un moment de perdition pour la compréhension, que ce soit pour les uns ou les autres. Il y a ce décor, savamment arrangé, et cette vidéo qui défile : nous sommes bel et bien dans un endroit en mouvement, et on traverse le monde de part en part, à une vitesse fulgurante.

Futuriste, presque avant-gardiste, et en tout cas très originale, cette pièce a de quoi ravir les amoureux de la comédie de moeurs, du comique de gestes, de la virtualité visuelle, avec une interprêtation très impressionnante de Seyed-Ali Mahbaz. Mais la pièce est aussi attachante pour sa profondeur : sa construction est faite pour ne laisser personne de côté, à travers le monde entier. Le message est passé, et il est clair et magnifique.

• création l interprétation Seyed-Ali Mahbaz, Rita Mazza et Anthony Guyon
• voix off Géraldine Berger, Aurélien Mancino et Florian Santos
• scénographie Benjamin Lebreton et Baliam Balladeni
• vidéo Guillaume Chosson
• création graphique l vidéo l montage Seyed-Ali Mahbaz
• acteurs du film Giusseppe Giuranna, Isabelle Voizeux, Julia Pelhate et Jean-Olivier Regat • son l lumière Marie Nachury et Magali Fourbert
• costumes Thomas Potier
• photographie Manon Valentin
• production Cie On-Off

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About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.