Une journée au Festival America

Nous sommes le dimanche 23 septembre 2012, et pour commencer cette journée de festival tant attendue depuis deux ans, nous avons rendez-vous avec Karla Suarez (Cuba) pour un petit déjeuner. En tout, nous sommes 8 autour de la table du petit café. Karla a les yeux grands ouverts, malgré la fatigue, et avec amusement, elle nous fait part de son étonnement : elle ne connait pas le programme de cette matinée. Ravie malgré cela d’apprendre qu’elle va petit-déjeuner avec 7 parfaits inconnus, elle déclare, avec son merveilleux accent cubain, qu’il faut alors «se lancer» dans la conversation, puisque l’on va passer une heure ensemble.
C’est une pratique tout à fait nouvelle : des rencontres particulières existaient déjà l’année d’avant, mais pour les petits-déjeuners, c’est une première ! Karla Suarez, très bavarde et charmante, s’est pliée avec joie à cet exercice de convivialité où la littérature a allègrement pris sa place au milieu du thé et des croissants.

Entre 11h30 et 12h, c’est un petit tour du salon du livre qui s’impose à nous. Libraires et maisons d’édition se chevauchent pour offrir le meilleur des Amériques. Pour l’instant, pas d’achat car on s’efforce de rester léger.
A 12h, c’est la rencontre autour des «Iles», dans la salle des mariages de la Mairie de Vincennes. Karla Suarez, Abilio Estévez, Lyonel Trouillot et Marvin Victor parlent de Cuba et de Haïti, en tachant de comprendre ensemble s’il existe une identité littéraire Caribéenne, si le fait d’être ou d’avoir été un habitant des îles implique vraiment quelque chose pour l’écriture et le quant à soi au-delà de l’île. Le débat est animé par Raùl Caplan, d’Espaces latinos. Outre le fait qu’une île sur les deux est toujours sous dictature et pas l’autre, il est ressorti de ce débat des divergences d’opinion entre les deux écrivains d’Haïti, tous deux de générations différentes.

Après une pause déjeuner, on rejoint très vite la scène du Coeur de ville pour le débat «Parlez-nous d’amour». Cette fois, Karla Suarez discute avec Francisco Goldman (Dire son nom), Àngel Parra et Gary Shteyngart sous l’oeil attentif de Nathalie Iris (Page magazine). Ensemble, ils partagent leur vision de l’amour dans leur écriture. Du sexe comme thérapie littéraire, au texte comme mécanisme de deuil en passant par l’histoire d’amour comme piment de l’intrigue, chacun expose sa vision, du rire à l’émotion.
A 15h30, c’est l’heure du grand Hommage à Toni Morrison. Nous arrivons dans le Centre Culturel Pompidou de Vincennes environ 40 minutes avant le début de la rencontre. Un autre débat se déroule alors, mais déjà, les places sont le théâtre de chaises musicales et une foule se presse à l’entrée de la salle en quête d’un siège pour le grand moment.
Lorsqu’enfin la rencontre commence, et que Toni Morrison entre dans la salle, il ne reste plus un siège libre, nombreuses sont les personnes se tassant contre les murs du fond, et les portes doivent être fermées pour éviter les débordements. Déjà, la veille, 400 personnes étaient venues assister à la rencontre avec Toni Morrison, et seulement 160 avaient pu renter. L’auteur de 83 ans, venue des Etats-Unis pour rencontrer ses lecteurs, est restée après la rencontre pour signer pas moins de 190 autographes.

Voir la vidéo de la rencontre du 22 septembre 2012

http://www.festival-america.org/
Il existe une chaîne Youtube Festival America :

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About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.