La vie de Steve Jobs

La vie de Steve Jobs n’a pas toujours été très calme. Jeune homme dissipé, poursuivant ses propres idées avec une fougue et un culot hors du commun, il n’attend pas d’avoir quitté le lycée pour inventer, avec son ami Steve Wozniak, de quoi téléphoner gratuitement en piratant les lignes télécom : la Blue Box. Très vite ils commencent à monter un petit business clandestin, qui les mène peu à peu vers quelque chose de plus important : la quête de l’ordinateur parfait.
Il est embauché en 1974 par Atari, part ensuite en Inde pour éprouver la philosophie orientale, revient après avoir attrapé la dysenterie.
La suite, on la connaît un peu : un parcours chaotique qui le mène au milieu des années 70 à créer l’entreprise Apple Computer, avec le premier ordinateur utilisable en l’état : clavier et écran couplés à l’unité centrale.
Steve Jobs était connu à l’époque pour son caractère très difficile, capricieux, autoritaire. Il courait après la gloire, la fortune, le succès. C’est ce qui lui a valu d’être écarté à un moment donné de sa propre société. Il crée PIXAR, véritable concurrent de Disney à l’époque, puis la société NEXT, prise dans la tourmente d’une santé économique déplorable dans le secteur. Microsoft est de son côté très bien portant. C’est la grande époque de Windows 95, Bill Gates exulte.

« La chose la plus importante est l’innovation ».

Rappelé par Apple, Steve Jobs fait son grand retour, et révolutionne le marché High-Tech avec des innovations en tout genre : iMac, iPod, puis… bien sûr l’iPhone. Apple gagne de plus en plus de parts de marché, mais la maladie s’empare de ce génie revenu sur le terrain en homme plus serein, plus posé.

Ce qui frappe dans la vie de cet homme adulé dans le monde entier, qui a bouleversé le quotidien de millions de gens c’est cette sagesse qui semblait l’habiter peu à peu alors qu’il avait un passé plutôt colérique, comme si peut-être l’implication de ses produits dans le quotidien planétaire le rassérénait. Sans doute la maladie, contre laquelle il n’a pas tout de suite lutté, et plutôt mal par la suite, refusant une greffe d’abord, puis des traitements ensuite, a-t-elle participé à cette métamorphose.
Un manga très réussi, assez complet et bluffant de qualité, tant par le dessin approchant de manière très touchante l’univers de Jobs, que par la facture du livre.

La Vie de Steve Jobs, par C&R Institute, Tonkam, novembre 2012, 196 pages, 15,50€

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About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.