Happyness Therapy, de David O Russel

David O Bonheur

Après huit ans d’emprisonnement dans un hôpital psychiatrique, Pat retrouve la liberté. Mais à quel prix ! Entre temps, il a tout perdu, sa femme, son travail, son toit. Retour aux sources familiales pour cet ancien professeur qui affiche paradoxalement un optimisme déconcertant. Souhaitant reconquérir son ex-femme, il va alors quérir l’aide de Tiffany, jeune femme aussi pétillante que torturée. S’ensuit alors une singulière collaboration et un échange de menu service…

La récente cérémonie des Oscars me donne l’occasion de revenir sur le dernier film de David O Russel. En effet, deux ans après la consécration de Christian Bale avec Fighter (oscar du meilleur second rôle masculin), Russel permet cette fois à Jennifer Lawrence de décrocher la fameuse statuette, en tant que meilleure actrice dans un rôle principal.

Une reconnaissance méritée pour l’actrice de Winter’s bone qui démontre encore une fois qu’elle n’est pas seulement l’interprète de la calamiteuse franchise Hunger Games.
Quand à David O Russel ancien grand espoir du cinéma indépendant Outre-Atlantique, il signe avec Happiness Therapy une bien singulière comédie romantique, aux antipodes des canons et clichés du genre.
Celui qui surprenait il y a plus de dix ans avec Les rois du désert et livrait un saisissant biopic avec Fighter, revient aujourd’hui dépoussiérer les codes trop bien connus d’un système désormais balisé. Mais contrairement à Lost in translation, il place ses protagonistes dans un univers trop familier où la seule possibilité d’évasion réside dans une chorégraphie, ou un mince espoir de rachat. On parle beaucoup de rachat justement, de culpabilité à travers la névrose de nos deux héros. Pourtant, David O Russel délaisse un traitement à vif pour présenter un subtil cocktail entre ironie, cynisme et folle espérance d’un avenir meilleur. Car si gags il y a, ce n’est que pour mieux masquer une réalité bien cruelle cette fois et des plaies béantes pas tout à fait refermées. Saisissant contraste s’il en est à l’image du sourire désarmant de Bradley Cooper, masquant son désarroi  et sa violence larvée.


Il est d’ailleurs dommage que David O Russel ne pousse pas plus loin son concept qu’au delà des deux tiers du film. La dernière partie s’enlise quelque peu entre futiles détails sur les enjeux d’un pari et il revient progressivement alors aux principes classiques du genre.

Pourtant sa démarche empreinte de sincérité surprend suffisamment pour être transporté le temps d’une danse et oublier les écueils finaux. S’il n’atteint pas encore la maturité qui le ferait entrer dans la catégorie des tous meilleurs ( il s’en rapprochait plus avec Fighter), David O Russel confirme avec Hapiness Therapy qu’il est plus qu’un éternel espoir. C’est suffisant pour connaître la suite.

Film américain de David O Russel avec Bradley Cooper, Jennifer Lawrence et Robert de Niro. durée 2h02. sortie le 30/01/2013

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About François Verstraete

François VERSTRAETE, spécialiste des cultures obliques (manga, comics, SF, JdR, JCC, MMorpg) et du cinéma de genre