IRON MAN 3, de Shane Black

In Extremis

Les nouvelles aventures de l’homme de fer et de son alter ego Tony Stark aux prises cette fois avec un ennemi bien décidé à faire vaciller toutes ses certitudes…jusqu’à la revanche du vengeur rouge et or ?

Petit rappel

Et c’est parti pour un nouveau volet des aventures d’Iron Man toujours interprété par l’incomparable Robert Downey Junior. Troisième épisode d’une saga qui il y a cinq ans déjà avait insufflé un véritable vent de folie au sein des adaptations sur grand écran des œuvres de la « Maison des idées ». Jusque là la médiocrité fut souvent de mise quand le concurrent Dc Comics paradait fièrement avec le porte-drapeau de Christopher Nolan.

Depuis ce premier opus, toutes le productions signées Marvel Studios/Disney ont adopté la même approche. Point d’ambition auteurisante, mais une volonté affirmée de délivrer un produit 100% fan service. Puisant les scénarios au cœur même des fondamentaux des séries originales, Marvel a largement remporté son pari, avec en point d’orgue, « The avengers » l’an dernier, anti-film par excellence mais ouvrage ultra calibré, spectacle jouissif destiné à un public en transe. Depuis le premier épisode de Jon Favreau, Marvel Studios a donc édifié les bases d’un nouveau style populaire.

Pour ce nouveau volet, beaucoup de questions se sont soulevées après un deuxième épisode quelque peu décevant, qui affichait les limites de Jon Favreau. A cet effet, la réponse des studios se présente en la personne de Shane Black auteur d’un déjanté « Kiss Kiss bang bang » où il dirigeait déjà un certain Robert Downey Junior. Les retrouvailles pouvaient donc commencer…

Crise d’identité

Force est de constater qu’au sein des productions Marvel, Iron man est de loin le personnage préféré du public sur grand écran. Son interprète en est la raison principale si bien que les scénaristes du comic book s’inspirent désormais du jeu de l’acteur pour faire vivre le héros de papier. Une bien singulière inversion des rôles.

Cette popularité est d’autant plus étonnante que le matériau d’origine n’a jamais connu la même notoriété face aux X-men ou Spider-Man. Pourtant c’est négliger les particularités du personnage si bien rendues par l’acteur et par les différents opus cinématographiques.

Ses motivations sont d’ores et déjà bien singulières ; Spider-man est devenu un héros par accident, Charles Xavier avait un rêve, Batman voulait empêcher l’histoire de se répéter, Hulk fut victime de son ambition. Iron Man lui est devenu un héros par nécessité. Victime de ses propres armes dans le premier film, il comprit que lui seul pouvait mettre un terme à ses erreurs. Et protéger ceux qui lui sont chers. Pourtant, il n’hésite pas régulièrement à impliquer son alter ego dans ses affaires plus « personnelles ».

Avec cet épisode, Shane Black parvient avec une certaine maîtrise à bouleverser les codes des deux premiers volets, délivrant ainsi peut être le volet le plus abouti de la saga. S’il reprend une histoire du matériau original, la saga Extremis, c’est pour mieux le plier à une certaine vision du personnage. Refusant la surenchère si récurrente pour les séries à grand spectacle, Shane Black joue ici avec les nerfs de notre héros le tournant régulièrement en dérision et rappelant que malgré l’armure, le héros reste l’homme. Dotant le film d’un twist aussi imprévisible pour les fans que jouissif, Shane Black accentue l’humour de son acteur par un pitch tendant généreusement vers la comédie. Abandonnant le style rock pour un style plus funk, Shane Black à défaut de signer un chef d’œuvre met en place une farce aussi délicieuse que culottée, rappelant que le comic book, c’est souvent aussi beaucoup d’humour.

 Jamais à court d’idées pour embarrasser son héros à l’image de ses crises d’angoisse plus hilarantes qu’anxiogène, Shane Black embarque le public pour deux heures d’un épatant spectacle. Une bonne chose en soi.

 Film américain de Shane Black avec Robert Downey Jr, Gwyneth Palthrow, Don Cheadle, Guy Pearce et Ben Kingsley. Durée 2h10. Sortie 24 avril 2013

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About François Verstraete

François VERSTRAETE, spécialiste des cultures obliques (manga, comics, SF, JdR, JCC, MMorpg) et du cinéma de genre