Only Skin, Sean Ford

Only Skin, nouveaux contes de la lente apocalypse est un roman graphique qui vous accueille avec l’envie de vous effrayer. D’entrée de jeu, vous apprenez une mystérieuse disparition dans laquelle le protagoniste a laissé quelques doigts. Hum.
Rapidement, vous sentez que le doute vous envahit : chacun des personnages doute des autres ou donne à douter, et vous sentez planner un danger imminent à chaque page. Autrement dit, vous avez clairement vu les doigts dans la main d’un des personnages, mais ce qui vous effraie le plus, c’est surtout… l’ambiance.

Dans le roman de Sean Ford, il y a des disparitions, et il y a une forêt dont bien sûr il serait fortement dangereux de s’approcher, ce que font pratiquement tous les personnages de bonne ou de mauvaise volonté, comme dans les bons vieux X-files (on y pense), Twin Peaks définitivement, ou encore dans Harry Potter : ça, on y pense parce qu’il est aussi question d’adolescents. Mais ce n’est pas un livre d’adolescents.

La forêt, ce vaste sujet, est à la fois ce qui peut faire périr et ce qu’il faut protéger. Les gens de la ville semblent impuissants, et bientôt, quelque chose les rongera que vous ne pourrez définir. Mais que se passe-t-il donc dans ce patelin où les gens disparaissent près d’une station essence tenue par un pompiste qui s’endort tout net au milieu de nulle part à l’improviste ?

Ce récit tissé quelque part au milieu du fantastique et de la folie pure est dessiné de manière assez classique, avec quelques touches enfantines valorisées par un noir et blanc très classe. Un personnage fait un peu penser au Capitaine Haddock physiquement, et il est même aussi têtu que lui.

L’ambiance est vraiment très très réussie, d’un bout à l’autre, et au-delà… car ça vous reste dans la peau un moment. Les personnages sont également très forts, d’une épaisseur qui confère aux dessins animés s’étalant sur plusieurs épisodes : ils se développent, on s’y attache. La différence, c’est que Only Skin est le premier ouvrage du très talentueux Sean Ford. Une prouesse donc, qui donne envie de collectionner ses futurs ouvrages.

Only Skin, Sean Ford, Rackham, Mars 2013, 21 euros.

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About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.