Entretien avec Roman Coppola

A l’occasion de la sortie de Dans la tête de Charles Swan III, Roman Coppola a accepté de répondre à nos questions.

Première question, très classique, comment est né le projet Dans la tête de Charles Swan III ?
L’idée du film remonte à après la sortie de CQ en 2003 ; je voulais faire un film de sauvage, courageux sans règles dans le Los Angeles des années 70. Quelque chose de sexy, d’amusant, je voulais faire quelque chose avec ces qualités. Puis le processus de création fut long…et un jour je suis tombé sur une image en Californie où l’on voyait une femme nue chevaucher un rhinocéros ! J’ai trouvé cela tellement imaginatif et amusant que j’ai voulu faire un film avec ces qualités

Votre fascination pour Charles White est une des clés pour comprendre le film, non ?
Certainement, son nom a inspiré le nom du personnage principal. Sa personnalité ancrée dans les années 70, son inventivité, ses idées furent précurseurs de l’art qui s’ensuivit. Oui, Charles White m’a inspiré, je l’ai rencontré, nous sommes devenus amis, et je fut impressionné par son art, ses affiches etc…

Wes Anderson vous a-t-il inspiré pour le côté iconoclaste du film ?
Nous sommes amis et nous avons un intérêt mutuel. Ce qui m’influence le plus chez lui c’est son choix pour les costumes, très beaux…et une multitude de connexions diverses qui nous rapprochent.

La Pop culture est un des éléments majeurs du film; en quoi est elle importante pour vous ?
C’est une question très intéressante. La Pop culture appartient au passé. Et je suis happé par le passé, mes autres travaux parlent des années soixante, soixante-dix, j’aime la musique de cette époque. C’est un trait de caractère spécifique, mais j’aime la nouveauté, les inventions technologiques et pourtant je suis attiré par le passé. Le film appartient à cette Pop culture donc.

On peut voir plusieurs influences de différents genres dans le film ; quelle est votre vision vis-à-vis d’eux ?
J’aime et je suis attiré par beaucoup de choses différentes ; mon travail me permet d’en aborder de nombreuses. Et mettre dans ce film un peu fou du western à la Ford, du film d’espionnage ou des éléments d’émissions anglaises a permis de donner une image propre et fun au film.

Pouvez-vous nous parler de votre amitié avec Charlie Sheen ?
C’est une histoire très simple. Nous nous sommes rencontrés sur le tournage d’Apocalypse Now. Nous avions presque le même âge Quand vous avez douze ans, l’amitié devient plus profonde, vous passez du temps ensemble, faites les choses ensembles, allez aux mêmes endroits. Puis le temps passe, vous vous voyez moins souvent…puis nous nous sommes retrouvés quelques années après et notre amitié était resté telle quelle.

Le choisir pour interpréter Charles Swan était évident ?
Oui c’était évident pour moi, il me fallait quelqu’un avec le bon âge, charismatique, avec le sens de l’humour, avec une grande variété de jeu. Il correspondait au scénario. Et notre amitié a compté, je voulais que ce soit des proches qui travaillent avec moi pour ce film qui représentait un peu ma vie.

Et les autres acteurs ? Pouvez vous nous expliquer votre choix ?
Je pense que je viens un peu d’en parler ; choisir des gens qui font partie de ma vie. Bill Murray est à la fois chaleureux, très mystérieux, très difficile à cerner. Quand à Richard, l’aspect fait-maison du film l’a fait adhérer au projet…

Sinon, avez-vous un film et un réalisateur fétiches ? Et en quoi cela vous influence-t-il ?
J’ai plusieurs influences et goûts ; j’aime beaucoup Fellini, très inventif. Ses films savent briser les règles, sont hors norme. Woody Allen est très fort aussi, il est libre pour explorer de fantastiques éléments.

Pour finir, quel est votre prochain projet ?
Je vais faire une pause et partir en voyage avec ma famille ; puis je me remettrai à écrire.

Propos recueillis par François Verstraete pour PILC Mag n°15

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About François Verstraete

François VERSTRAETE, spécialiste des cultures obliques (manga, comics, SF, JdR, JCC, MMorpg) et du cinéma de genre