Ame perdue, de Gregory Panaccione

Étrange histoire que celle de ce petit être qui est complètement perdu au milieu d’un environnement hostile, inquiétant. D’une laideur intrigante, le personnage se réveille au cœur d’un paysage indicible, où errent comme lui d’autres créatures que l’on a du mal à bien identifier. Ce qu’on perçoit de lui, c’est tout ce qui peut aggraver son inquiétude : sa faim, sa solitude, le froid. Finalement, son errance se résume à occuper le temps à la recherche d’un but, et de l’assouvissement de besoins primitifs : malheureusement, le petit être est confronté à beaucoup d’échecs et, tenaillé par la faim, il a du mal à comprendre la signification des objets qu’il trouve sur son chemin.

Mais ce monde ne serait pas doté d’intérêt sans certaines rencontres très énigmatiques : un homme des cavernes, semble-t-il, le prend sous sa protection. Lui aussi a trouvé des objets sur son chemin, et n’en comprend pas les signes. Etrangement, ces précieuses reliques semblent pourtant appartenir au monde que l’on connaît, monde qui est visiblement bien étranger aux yeux du petit bonhomme aux dents de lapin et au regard ahuri. Un jour, tout le monde le convie à un bien curieux voyage au coeur d’une sorte de bestiaire où il fera la connaissance de la clé du mystère….

Grégory Pavaccione nous emmène apparemment dans ce qui semble être son univers : et cette expression, si elle peut paraître banale et pompeuse, est néanmoins ce qui s’approche le plus de la définition de cet ouvrage. En effet, le dénouement de l’histoire nous apprendra que tout a une signification depuis le début, mais qu’il nous était impossible d’en saisir les fondements sans nous raccrocher un tant soit peu à la réalité que l’on connaît. A défaut d’être un tour de magie, Ame perdue est une véritable merveille de poésie où l’auteur inverse les réalités au point que l’on se demande vraiment si elle ne prend pas source ailleurs… Difficile d’en dire davantage sans spoiler. Donc lisez-le !!! (Et calmement, nous dit l’auteur…)

Ame perdue, Grégory Panaccione, Shampooing, Aout 2013, 240 pages, 20 euros.

About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.