[Teaser]Captain Philips, de Paul Greengrass

Attention : parce qu’on adore Tom Hanks, et pas seulement depuis Philadelphia et Forrest Gump, on a très envie de vous parler de ce très très beau film à très beau budget (55 000 000 $) de chez Sony Pictures. C’est un film sérieux, parce que tiré une fois encore d’une histoire vraie. On vous laisse d’abord découvrir la bande-annonce :

Capitaine Phillips retrace l’histoire vraie de la prise d’otages du navire de marine marchande américain Maersk Alabama, menée en 2009 par des pirates somaliens. La relation qui s’instaure entre le capitaine Richard Phillips, commandant du bateau, et Muse, le chef des pirates somaliens qui le prend en otage, est au cœur du récit. Les deux hommes sont inévitablement amenés à s’affronter lorsque Muse et son équipe s’attaquent au navire désarmé de Phillips. À plus de 230 kilomètres des côtes somaliennes, les deux camps vont se retrouver à la merci de forces qui les dépassent…
D’abord le film est l’adaptation du livre écrit par le Capitaine Richard Philips lui-même : « A Captain’s Duty : Somali Pirates, Navy SEALs, and Dangerous Days at Sea ». Un premier film avait été lancé d’après ce livre, intitulé Hijacking, danois cette fois, avait été réalisé en 2012 par Tobias Lindholm.
Bien évidemment, ce film explore la relation qui désunit les riches et les pauvres, les gens qui soutiennent et maîtrisent l’économie mondiale (représentés par le Capitaine Philips et ses troupes), et ceux qui en sont totalement exclus (ici les Somaliens). Beaucoup de films ont été faits sur les conflits qui ont eu lieu depuis des siècles au sein de l’Europe, sur le sol américain, ou ailleurs : il s’agit bien sûr de colonisation, quelle que soit sa forme, et cela est encore terriblement d’actualité même si on n’appose plus ce nom sur les événements d’aujourd’hui.

Evidemment, il fallait offrir un point de vue original, renverser la vapeur, et ne pas faire de ce film une entreprise bêtement et terriblement manichéenne : les deux troupes s’affrontant se retrouvent prises au piège face à des éléments qui les dépassent… voilà donc qu’intervient une force (représentation divine ?) surpassant l’homme, quel qu’il soit, d’où qu’il soit, et quoi qu’il convoite. Le danger ? Que la palme revienne au grand sauveur, et qu’il soit mal choisi à la fin du film. Nous verrons bien comment Paul Greengrass va se dépatouiller avec ce dilemme Shakespearien, presque tragique tant il pèse sur les épaules du cinéaste. En tout cas, le film promet de passer un très grand moment.

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About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.