Le phénomène Julie Maroh

Julie Maroh arrive dans le monde de la bande dessinée en 2010 avec Le bleu est une couleur chaude publié chez Glénat. Un titre intrigant pour une oeuvre consacrée à l’univers lesbien. Ce roman graphique est de taille imposante, et raconte l’histoire d’Emma et Clémentine par un biais plutôt original, puisqu’il s’agit en fait de la lecture du journal intime de Clémentine après sa mort. C’est Emma, qui fut son amante qui lit les pages de leur histoire, racontée donc par le point de vue de Clémentine disparue. Une approche plutôt audacieuse que Julie Maroh maîtrise brillamment.

Il s’agit de l’histoire d’un coup de foudre entre deux adolescentes : Emma, l’étrange jeune femme aux cheveux bleus, qui semble tout assumer, est en couple avec Sabine lorsque Clémentine en tombe amoureuse. C’est pourtant ensemble qu’elle vont vivre une histoire, et c’est à ce moment que Clémentine réalise son homosexualité, et les difficultés que cela suscite encore au début des années 2000. Le livre a obtenu le Prix du Public au festival d’Angoulême en 2011. Le succès est venu simultanément… puis tout se déchaîne en 2013 avec l’arrivée de l’adaptation tant annoncée par Kechiche au cinéma : La vie d’Adèle a obtenu la Palme d’or au festival de Cannes, s’en est suivi un débat infernal sur la qualité de l’adaptation, les conditions de tournage, puis la sortie au cinéma le 9 octobre 2013.

De son propre aveu, l’auteure a voulu rester à l’écart un certain temps de toute cette agitation, n’acceptant pas de répondre aux questions au sujet du film, parce que «écrire une ridicule histoire l’été de mes 19 ans et d’arriver à… « ça » aujourd’hui», c’est difficile à gérer, et on la comprend. Elle explique également sur son site que La Vie d’Adèle est une autre vision de l’histoire qu’elle a écrite, que c’est «un coup de maître», mais que les deux n’ont rien à voir.
Nous, on s’est attachés à son univers, et on a eu envie de poursuivre son exploration à travers son deuxième ouvrage, paru cette rentrée, toujours chez Glénat. A suivre.

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About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.