(En)jeux de Société

Cette année, la FDJ (Française des Jeux) fête ses 80 ans. C’est peut-être, au même titre que le football, un sport national. La participation depuis autant d’années ne cesse de croître car le jeu fait régulièrement de nouveaux adeptes, et bien sûr l’activité ludique des français s’intensifie à chaque « vendredi 13 » ou lors des grosses cagnottes.

Le contexte de la création de ce jeu national est très peu connu à vrai dire, et remonte aux heures sombres de la guerre. La guerre 14-18, dite « La Grande Guerre » (dont parle Pierre Lemaitre dans son roman, auquel a été décerné le Prix Goncourt), a fait de nombreuses victimes, et notamment des « Gueules cassées », qui ont fini par se réunir en association d’anciens vétérans. En 1933, année où Hitler est arrivé au pouvoir, et où on ne s’attendait pas à entrer dans un deuxième conflit mondial de grande ampleur, l’Etat et cette association ont créé la Loterie Nationale, pour venir en aide aux blessés de la guerre 14-18 et aux calamités agricoles (une bonne partie du pays avait elle aussi été détruite). Aujourd’hui, c’est cette notion de solidarité qui perdure à travers le FDJ, même si son image est devenue moins sombre, plus joviale et festive. 65% des mises sont reversées aux joueurs (gagnants bien sûr ! ;)), et 24 % est redistribué à l’intérêt général. Ainsi, en 2012, la FDJ a distribué 2.9 Milliards d’euros à l’intérêt collectif.

La FDJ a donc décidé de fêter ces 80 ans de solidarité en cette fin d’année en apportant un point de vue plus ouvert, plus neuf, et plus éclairé sur ce que représente le jeu dans notre société. Aussi, elle a décidé de créer l’évènement « (En)jeux de Société » qui débutera le 11 décembre à la Gaîté Lyrique. Nous serons alors à deux jours du dernier vendredi 13 de l’année… 2013. Il y a fort à parier ( !) sur un très très beau montant pour la cagnotte mise en jeu ce jour-là.

Pourquoi un tel événement ? Parce que la FDJ encourage des travaux de recherche en sciences humaines et sociales depuis maintenant 3 ans dans le domaine du jeu. Un Forum « Jeu & Sociétés » est piloté par des universités parisiennes (Descartes-Sorbonne, UFR Sorbonne Paris Cité). Le jeu agit comme un réflecteur pour notre société, et participe à la définition de ses contours, car plus qu’un loisir, il est un phénomène social qui fascine, intrigue, obsède parfois. Il est donc tant, et bon de s’interroger sur ses effets, son intérêt, et ce qu’il représente pour notre culture. C’est le choix qu’a fait la Française des Jeux en donnant le départ à cet événement d’importance.

L’événement démarre donc le 11/12/13, et aura lieu de 9h30 à 13h. Il est gratuit et ouvert à tous. Pour ces premiers débats qui donneront lieu à des échanges entre le grand public et des experts, de grands thèmes seront abordés : le rôle de la chance, du hasard et du risque dans nos vies. Une exposition sera développée à la Gaîté lyrique sur ce principe, et sera accessible à tous également jusqu’au 15 décembre 2013.

Plusieurs personnalités seront présentes autour de ces tables rondes pour animer le débat : le philosophe Raphael Enthoven, Denis Brogniart (journaliste sportif), Estelle Denis (joueuse de poker), mais il y aura aussi des scientifiques, des historiens et sociologues. Le débat promet d’être riche et exhaustif, grâce à ces trois thèmes :

Faut-il croire à la chance ? Ou comment un jeu peut donner lieu à une foi toute particulière…

Quel rôle joue le hasard dans notre vie ? Ou comment fait-on ses choix, ou s’en remet-on au hasard pour définir notre chemin et nos actes.

Qui risque rien n’a rien ? Ou l’interaction entre risque et plaisir, adrénaline et danger : table ronde à laquelle seront présents Jacques Lafitte (ancien pilote automobile) et Estelle Denis (joueuse de poker).

L’exposition a été imaginée par Clémence Farell et dévoilera une salle de jeunes revisités ou encore existants, des machines à rêves avec objets insolites et grille loto géante. Une expo qui propose donc pratiquement une immersion totale dans le jeu…

Alors, à qui le tour ? 🙂

Pour en savoir plus :

www.enjeuxdesociete.fr

Article sponsorisé

About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.