Entretien avec Romain Puértolas

Après le succès de son livre paru chez la Dilettante, plusieurs traductions effectives ou en vue, et de nombreux articles parus un peu partout, Romain Puértolas a bien voulu répondre à nos questions. Le pire, c’est qu’il est resté simple. Rare et sympa. Son seul défaut : il aime manger les vaches.

Qu’auriez-vous fait ces dernières semaines si vous n’aviez pas écrit votre roman ?
Je serais en train d’en écrire un autre, bien sûr, en allant au travail.

Pourquoi un titre aussi long ?
Parce que j’adore ça. Parce qu’un titre, pour moi, est la première phrase d’un roman. Parce que ce titre doit me faire voyager, me faire déjà entrer dans l’histoire. Je n’achète pas de livres ayant moins de 5 mots dans le titre…

Quelles sont vos sources d’inspiration ?
Tout. Une affiche publicitaire, un mot entendu dans un bus, la tête d’un boulanger. Il me suffit de voir l’un de ces éléments pour créer instantanément une situation, une histoire.

Etes-vous déjà sur un autre roman ?
Le prochain roman est déjà écrit. Il m’a pris 2 semaines et demi et mon éditeur a adoré. Il faudra un peu attendre pour le découvrir. Mon fakir doit encore faire son petit chemin.

Rêviez-vous d’être Fakir ? Ils vous fascinent ?
Non à la première question. Ca dépend, à la seconde. Je n’ai jamais rêvé d’être fakir mais c’est un milieu que je connais bien car j’ai passé une partie de ma vie à les démasquer, à expliquer que la majeure partie de ce qu’ils font sont des trucs, et le reste des choses que nous pouvons tous faire, même si cela paraît impressionnant. Ce qui me fascine, chez les fakirs, c’est le monde et l’ambiance d’aventure qu’ils véhiculent. Le Rajasthan, les cobras, les moustaches et les turbans. Ca me fait rêver…

Avez-vous déjà été en Inde ?
Jamais.

Votre livre va-t-il être traduit en Inde ? En rêvez-vous ?
Pas de retour de l’Inde pour l’instant. Je pense qu’ils attendent la sortie du livre en anglais. J’aimerais bien qu’il soit traduit en Inde, oui, bien sûr. Ce serait un comble qu’Ajatashatru ne soit pas traduit en hindi et ne parle jamais cette langue, sa langue !

Vous meublez-vous chez IKEA ?
Bien sûr, comme (presque) tout le monde, je pense.

Que pensez-vous des vaches ?
Qu’elles sont bonnes cuisinées au beurre et servies avec du gros sel. Et plus elles sont folles, j’aime ça.

Vous attendiez-vous à un tel succès ?
Bien sûr que non. Je m’étais fait à l’idée d’être un écrivain non publié. On en rigolait au bureau. Profession « écrivain de romans non publiés ». J’ai depuis perdu ce titre honorifique…

Que faites-vous dans la vie à part écrire ?
Dormir, manger, rire et aimer.

Si le Fakir était adapté au cinéma, vous verriez qui dans le rôle du Fakir ?
Un vrai acteur indien. Connu ou pas connu, JE VEUX UN INDIEN !! (je dis ça, car on m’a proposé des Européens grimés avec du cirage à chaussures…)

Si une musique devait accompagner votre livre ?
Déjà, Orelsan, La Terre est ronde, qui j’espère apparaîtra quelques secondes dans le film. Et puis une musique triste, gaie, chargée d’espoir. Du James Barry passé à la moulinette de Morricone.

Quel est le titre de la rentrée littéraire qui vous a ému, a retenu votre attention ?
Tartes aux pommes et fin du monde.

Propos recueillis par Stéphanie Joly

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About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.