Docteur Sleep, de Stephen King

30 ans après, Stephen King revient sur l’histoire de Danny Torrance, rescapé avec sa mère de l’Overlook Palace où ils ont bien failli mourir trucidés par son père. Depuis l’explosion de l’hôtel, Danny vit avec Wendy Torrance et les choses semblaient se calmer un peu jusqu’à ce qu’il revoie une vieille connaissance – morte – sortir de leur baignoire. Le vieil ami de Danny, Dick, qui a le don également et qui est de fait devenu son maître en la matière, lui donne quelques conseils sur la façon d’enfermer les démons qui viennent peupler sa vie de temps en temps.

 Plus tard, en 2001, on retrouve Dan Torrance vieilli et abîmé par la vie : il n’a pas encore 40 ans qu’il est ravagé par l’alcool, comme son père. C’est à ce moment qu’il trouve son chemin vers une ville de l’Est où il va travailler auprès de mourants dans un hospice, et rencontrer de bonnes personnes… et de plus mauvaises.

 Avec ce roman, on sent bien que le Maître de l’épouvante boucle la boucle. Il achève ici ce qui a commencé au tout début de sa carrière. Il reprend aussi les rennes du destin d’un personnage qui lui avait été autrefois volé par le réalisateur Stanley Kubrick.

 Le plus étonnant est sans doute qu’il ait réussi à trouver une suite à cette histoire déjà bien remplie, et une continuité plausible pour le caractère de Dan Torrance : celui-ci passe à son tour le flambeau du don, en apprend davantage sur ses origines familiales et risque sa vie face à des forces pour le moins… originales.

 On découvre en effet également ce qu’est le noeud-vrai, qu’on ne dévoilera pas ici, et son lien avec cet hôtel mystérieux de l’Overlook où tout a commencé jadis. En somme, comme dans l’alcoolisme, on découvre que rien n’arrive jamais par hasard, et qu’il y a une source et une explication à tout. Y compris aux phénomènes les plus étranges de ce monde…

 Un roman d’une grande maîtrise, où l’auteur arrive à surprendre son lecteur à deux ou trois reprises, ce qui relève d’un véritable défi narratif, et d’un talent immense. Stephen King est de retour, mais on le savait déjà depuis The Dome.

 Docteur Sleep, Stephen King, Albin Michel, Novembre 2013, 600 pages, Traduction Nadine Gassie, 26 euros.

Articles relatifs :

About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.