Entretien avec Diego Paszkowski

Diego Paszkowski est l’auteur de Thèse sur un homicide paru aux éditions de la Dernière Goutte. Autant le (re)dire tout de suite : il fait partie de nos coups de coeur ! On avait un peu peur de lui poser des questions, mais on l’a fait quand même, et il a eu la gentillesse de nous répondre. :)

D’où vous est venue l’idée de Thèse sur un homicide ?
L’idée de Thèse sur un homicide m’est apparue en réaction à un roman précédent que je n’ai jamais publié (et que je ne publierai jamais). L’histoire se passait dans un quartier particulier, et j’ai voulu faire quelque chose de différent. J’ai alors pensé à un endroit plus « élégant » de la ville de Buenos Aires, le quartier de La Recoleta. C’est à cet endroit que se trouve la faculté de Droit, et c’est alors que m’est venu tout le reste.Votre livre est un peu fou, non ?
Je ne le crois pas. Mon livre a quelque chose d’expérimental dans sa prose, dans la ponctuation, mais il n’est en rien fou. Les pensées des personnages, et bien sûr les actes de Paul Besançon eux oui ont quelque chose de fou, mais ils sont cohérents avec ces pensées.
La narration montre peu à peu le fait que le professeur devient aussi fou que son élève, parce qu’il utilise de moins en moins de ponctuation, c’est exact ? Est-ce que c’était volontaire ?
Oui c’est exact et c’était volontaire.La justice est importante dans votre vie ?
La Justice est importante dans la vie de tout le monde. Mais il se trouve que dans chaque roman, pour ainsi dire, je me pose des questions différentes. Par exemple, dans « Thèse… » je me suis posé des questions sur le thème de la justice, dans mon second roman « El otro Gomez », j’ai travaillé sur la thématique de l’identité (c’est l’histoire d’un comptable qu’on confond, à cause de son physique, avec un trafiquant de drogue, et il adopte cette vie-là); dans mon troisième roman «Alrededor de Lorena» je me suis attelé au thème de l’amour (et la différence avec les deux autres livres c’est que ce n’est pas un roman policier), et dans mon quatrième roman pour adultes (Rosen – une histoire juive), je raconte l’histoire de ma famille sur fond de fiction, et je me pose des questions sur le thème de Dieu.Qu’avez-vous pensé de l’adaptation en film ?
Le film m’a beaucoup plu. J’aurais aimé travailler sur le scénario, mais on ne m’y a pas autorisé. C’est une version libre et elle est très bien. Le fait que la fin du film soit différente de celle du livre a fait que beaucoup de gens ont voulu découvrir mon livre, qui s’est du coup transformé de manière un peu inespérée en un best-seller.

Vous serez à Paris pour l’avant-première ?
Non, je serai à Paris du 14 au 21 juillet, en vacances avec ma famille (ma femme Daniela, et nos enfants
Ivan et Joaquín). En fait, j’aimerais beaucoup rencontrer des lecteurs dans des librairies pour parler
de mon livre (comme pour le film « Antes del aterdecer »), mais la maison d’édition m’a dit qu’en juillet il y avait peu d’activité, je trouve ça vraiment dommage.

Pourquoi pas Alex de la Iglesia à la réalisation ?
Hernan Goldfrid est un grand réalisateur; Ricardo Darin est, de loin, l’acteur le plus populaire d’Argentine, voire même de toute l’Amérique Latine.Pourquoi demander plus ?

Propos recueillis par Stéphanie Joly

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About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.