L’oiseau bleu, de Takashi Murakami

Yuki Higashimoto est la plus heureuse des femmes : un mari aimant, Naoki, ainsi qu’un adorable garçon de cinq ans, Shu, la comblent de bonheur. Mais la sortie de route de la voiture qui les ramène d’un innocent pique-nique va sonner de manière cruelle et irrémédiable la fin de cette existence paisible… Le petit Shu ne survit pas à la violence du choc, et Naoki est plongé dans un coma végétatif. Pour Yuki, un long combat commence : comment reconstruire sa vie et préserver un lien avec un mari qui est présent sans l’être ?

Avec L’Oiseau bleu, Takashi Murakami signe un manga dans la droite lignée sensible des grands maîtres tels que Taniguchi. Il aborde ici la perte d’un être cher, emporté à un âge innocent, celle d’un père également, et à bien y regarer, aucun degré de l’arbre généalogique n’est ici épargné par la vie. L’histoire avec un grand H se déroule en fond sonore, dans un Japon aveuglé par le productivisme et la compétitivité. En premier plan, les histoires individuelles de plusieurs personnages qui vont ainsi se superposer pour laisser peu à peu apparaître le coeur d’une intrigue puissante et sensible, comme seuls les nippons peuvent en tisser.

Les histoires se rejoignent donc de façon inattendue mais sans grand fracas, l’écriture et le dessin laissant entrapercevoir des liens cousus solidement. Ces liens entre les histoires se découvrent un peu comme à la lecture d’un roman d’Aki Shimazaki. C’est délicat et délicieux, tendrement triste. L’oubli, la mémoire, le courage et le renoncement y sont décrits de manière poignante et juste.

Un livre en one shot qu’on vous recommande chaudement, et dont on regrette qu’il n’explore pas d’autres facettes de la vie nippone dans d’autres tomes. On aurait aimé s’y plonger encore…

Vous pouvez commander le livre directement sur le site de l’éditeur :

http://www.ki-oon.com/mangas/tomes-751-l-oiseau-bleu-latitudes.html

 

Articles relatifs :

About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.