Le bazar des mauvais rêves, Stephen King

Rien de tel que les longues soirées d’hiver pour se retrouver le nez plongé dans un Stephen King. Impossible de s’immerger totalement dans un long roman pour le moment : ces périodes de fêtes sont propices l’animation bruyante et tapageuse des enfants autour du sapin, l’agitation des commerces, et plus que tout cette année à une actualité débordante de choses imporantes et démoralisantes.

A ceci deux remèdes : un ouvrage qui réunit les nouvelles d’un grand auteur, qui sont ponctuées donc d’intermèdes permettant de cocher quelques petites affaires sur la liste de choses à faire, et de garder un oeil attentif aux actualités de ce monde. Le second remède réside dans le fait qu’il s’agisse de nouvelles particulièrement aptes à faire oublier le caractère cauchemardesque de l’actualité depuis quelques mois.
En d’autres termes : quand vous n’avez pas le moral, l’oeil rivé sur votre ordinateur, sur les news, sur facebook, sur l’avenir, alors regardez Walking Dead et lisez Stephen King. Le retour à la réalité sera porteur de beaucoup plus d’optimisme.
Le Bazar des Mauvais rêves réunit quelques unes des nouvelles de Stephen King donc, dont certaines déjà publiées en solo ces dernières années. Je pense par exemple à Sale Gosse qui a eu un très beau succès, et qui pour moi est parfaitement dans la veine de Ca, pour ne citer… que ça.


Le point fort, et l’intérêt de ce regroupement de nouvelles est qu’il permet de les posséder en un seul ouvrage. Ca, c’est pour l’aspect collection, l’ouvrage offrant une couverture (française) de surcroît très en accord avec son contenu et l’univers de l’auteur, ce qui n’est pas toujours le cas. Ca, c’est pour l’aspect physique de l’objet. L’autre intérêt, et sans nul doute le plus grand est que Stephen King introduit chacune des pièces du puzzle par une sorte de petite préface où il livre quelques uns de ses souvenirs de vie, mais aussi et surtout d’écriture au sujet de ces nouvelles. En d’autres termes, il s’attarde avec nous au coeur du livre pour reprendre notre main et nous guider, nous accompagner puis nous catapulter dans son univers assez dingue (tout le monde le sait, je n’ai rien dit de mal).

Personnellement, je n’avais pas lu toutes les nouvelles éditées auparavant, et qui figurent dans cet ouvrage. Ca a été une belle occasion de rattraper mon retard, avec le plaisir de lire tout ça sous la couette, portes et volets clos, et rouleau de pâtissier sous l’oreiller. Oui parce que bon, on ne plaisante pas toujours, avec Stephen King. A lire d’urgence ! (mais pas seul… sauf si vous aimez les sensations fortes).

Le bazar des mauvais rêves, Stephen King, Albin Michel, Octobre 2016, 608 pages, 23,90 euros

About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.