Les gardiens de la Galaxie 2

Space Cowboys

Quelques temps après avoir vaincu Ronan, les Gardiens poursuivent leurs folles aventures au son de l’Awesome Mixtape 2. Leurs pérégrinations vont les amener à rencontrer le père de l’un d’entre eux avec, à la clé des conséquences inattendues…

Force est de constater que l’engouement autour de la franchise made in Disney dirigée par le désinvolte James Gunn n’a cessé de croître depuis deux ans. Un large public mais aussi la critique s’est entiché des exploits de ces cinq « losers » patentés lors d’un premier volet certes réjouissant mais quelque peu brouillon et disconvenu dans sa seconde partie. Suite à ce succès un peu inattendu (le comic book n’étant pas plus le connu ni le plus populaire auprès des masses), la firme aux grandes oreilles installe de nouveau James Gunn aux commandes pour ce nouvel épisode. Selon certaines rumeurs, ce dernier bénéficierait d’une plus grande marge de manœuvre que ses congénères pour mettre en scène cet opus. Objectif non dissimulé, s’approcher des grands formats épiques portés par Lucas et Spielberg dans les années quatre-vingt…rien que ça…

A l’arrivée le résultat s’avère binaire tant on assiste à un spectacle aux degrés de lecture tantôt intéressants, tantôt porteurs d’une vacuité plus grande encore que celle que l’on reproche aux autres films de la compagnie. En effet d’un côté, Gunn réussit son pari d’approcher les grandes sagas de ses aînés tout en portant un regard nostalgique sur les eighties Il s’appuie non seulement sur la bande son d’époque (censée être la clé narrative), mais également sur un casting de seconds couteaux portés par Sylvester Stallone icône lui aussi d’époque mais surtout par Kurt Russel l’égérie de Carpenter et d’un pan du cinéma bis dont vient justement…James Gunn. Il démultiplie si ce n’est les références du moins les clins d’œil au cinéma populaire avec plus ou moins de réussite, avec en point d’orgue une course poursuite à travers un champ d’astéroïdes qui rappellera quelque chose aux plus vieux…Cette vague nostalgique accoure également avec la réunion de vieux briscards qui fera plaisir aux amateurs de l’œuvre de papier originale. En outre, la mise en scène de Gunn envoie quelques frissons par moments, tant il parvient à maîtriser formellement son sujet, du moins par à-coups. Le générique d’introduction est à lui seul un morceau de bravoure filmique…

Mais voilà, toutes ces qualités sont très vite masquées par des imperfections, voire des anicroches qui assombrissent le tableau. A l’instar des autres productions actuelles à grand spectacle, le film se dote d’un rythme décousu à l’extrême et les deux heures quinze culminent trop souvent à la frénésie narrative. Or, la force de l’épisode précédent résidait dans une constance diégétique où les personnages pouvaient exister à travers notamment une exposition rondement menée. En outre, le film souffre d’une auto dérision permanente par moment nauséeuse (Deadpool est malheureusement  passé par là) qui contraste par ailleurs avec le fil conducteur à la simplicité infantile.

Avec Les Gardiens de La Galaxie 2, James Gunn accouche d’un space opéra malade. Enchaînement de saynètes et de sketches en continu, le film souffre d’un manque cruel d’unité de ton. Pourtant, il ne manque pas de passages ludiques et attrayants portés bel et bien par le talent de James Gunn. Mais à force de vouloir trop en faire ou si ce n’est trop bien faire, le réalisateur se perd trop souvent, se cherche et répète une formule qu’il voulait éviter. S’il voulait se démarquer du produit bien pensé mais limité, c’est raté. Car c’est bel et bien un produit certes à l’habillage subtil mais qui n’en est pas moins un produit que l’on voit à l’écran.

Film américain de James Gunn avec Chris Pratt, Zoé Saldana, Dave Bautista, Kurt Russel. Durée 2h16. Sortie le 26 avril 2017

About François Verstraete

François VERSTRAETE, cinéphile et grand amateur de pop culture