Le roi Arthur : La légende d’Excalibur

Robin Hood

Le destin exceptionnel d’Arthur, orphelin élevé par des prostitués, tour à tour chef de gang, héros de la résistance puis roi et de sa célèbre épée Excalibur…

A l’origine il y avait une amitié entre deux hommes, celle entre le jeune cinéaste un peu barré Guy Ritchie et le producteur Matthew Vaughn. Vingt ans plus tard les deux compères se sont fait une place de choix au sein du cinéma populaire. Ritchie en revisitant çà et là différents aspects de la pop culture britannique de Sherlock Holmes à Man from Uncle. Vaughn quant à lui s’est efforcé de redessiner les contours de certains genres, l’aventure avec Stardust, ou encore l’espionnage avec Kingsman. En tout cas, force est de constater que les deux hommes ont non seulement conquis les faveurs du public mais également celles d’Hollywood, non sans diviser en revanche les critiques.

Alors que Vaughn présentera la suite de Kingsman d’ici quelques mois, Ritchie s’attaque aujourd’hui au mythe arthurien et nous livre sa propre version de la légende. Les adaptations cinématographiques de la Table Ronde sont nombreuses, on dénote notamment la dernière en date, celle en demi-teinte d’Antoine Fuqua il y a plus de dix ans et bien entendu le chef d’œuvre de Boorman, référence insurpassable en la matière. Guy Ritchie quant à lui, délivre une version quelque peu originale remaniant largement les faits, avec son style frénétique, au montage elliptique éprouvé. Il puise l’esthétique du film aux sources mêmes de la fantasy récente (Le seigneur des anneaux en tête) plutôt que dans les racines littéraires traditionnelles. Il ose plusieurs partis pris déroutants même si le récit initiatique et l’ascension d’Arthur constitue encore la thématique prépondérante du long métrage. Bien entendu le côté provocateur du réalisateur perdure quand son héros ne s’apparente qu’à un vulgaire chef de bande, proxénète et trafiquant ne valant guère mieux que ses oppresseurs.  Ce tableau pouvait s’avérer pertinent mais au final devient vite écœurant tant son auteur peine à trouver l’alchimie qui avait fait la force de ses films précédents. Jamais les protagonistes ne font montre d’une quelconque sympathie envers les spectateurs ni du charisme animal qui anime généralement les films de Guy Ritchie. En lieu et place, on a le droit à une galerie de gueules faussement burinées, mal dirigées et surtout dénuées d’une exposition suffisamment forte pour les faire vivre.

Mais le pire réside dans le côté fallacieux de l’intrigue tant il est difficile de percevoir la légende arthurienne ; on assiste plutôt et pas que par moments, au retour de Robin des Bois opposé à de méchants soldats nazis (avec une ovation assez grossière et équivoque). Richie finit alors de se noyer dans le désastre bien aidé en cela par une mise en scène souvent malavisée plutôt tirée d’un mauvais jeu vidéo. Les critiques émises ces derniers temps vis-à-vis de certains films de genre sont d’ailleurs largement plus adéquates au naufrage qui nous présenté.

Incapable  de se hisser à la hauteur des enjeux, Guy Ritchie échoue dans les grandes largeurs dans sa quête du Graal. Pis encore, il déploie une prétention crasse qui obscurcit considérablement sa vision, ne pouvant prétendre à la fin ni de présenter un produit séduisant et encore moins  de succéder à Boorman. Où est donc passé l’habile faiseur de Sherlock Holmes et Code Uncle ? ….

Film américain, britannique, australien de Guy Ritchie avec Charlie Hunnam, Astrid Bergès-Frisbey, Jude Law. Durée 2h06. Sortie le 17 mai 2017

About François Verstraete

François VERSTRAETE, cinéphile et grand amateur de pop culture