Wonder Woman

Femme fatale ?

Les origines de Diana alias Wonder Woman, princesse des Amazones. Tirée de son île, elle part aider l’humanité plongée dans la Grande Guerre aux côtés de Steve Trevor. Sa plongée dans le conflit remettra en question opinions et valeurs pour la changer à jamais…

Force est de constater que depuis le départ de Christopher Nolan, Warner n’arrive plus ces dernières années à contenter fans, grand public et critiques quant à l’adaptation de l’univers DC Comics, ce au profit de leur sempiternel rival le Studio Disney/Marvel. Depuis Dark Knight Rises, la firme nous a offert le calamiteux Man of Steel, le maladroit Batman VS Superman et la purge Suicide Squad. A la tête de ces projets, ni David Ayer pourtant honnête artisan et encore moins Zack Snyder n’ont réussi à convaincre pleinement dans l’entreprise de transposer à l’écran l’univers des héros ombrageux et lumineux. Pis encore, Snyder semble maudit ou du moins voué à maudire tout ce qu’il touche (et ce pour rester poli). C’est pourquoi le projet Wonder Woman tenait de la gageure, les derniers espoirs d’un réel soubresaut s’assombrissaient de plus en plus. Joss Whedon avait d’ailleurs abandonné le projet il y a déjà quelques années. C’est au tour de Pattie Jenkins de se coller à ce portage, ce qui d’emblée pouvait s’apparenter à une bonne nouvelle tant la cinéaste avait impressionné avec son Monster il y a plusieurs années. Transposer une femme forte et fragile étant sa force, espérer enfin un réel produit fini s’avérait alors moins utopique. Le personnage était d’ailleurs apparu dans le film Batman Vs Superman, et avait convaincu au moins par son thème musical réellement efficace et la présence physique charismatique de Gal Gadot.

Après une petite scène d’exposition faisant le lien avec les autres films, la réalisatrice attaque en nous montrant les origines de l’amazone, son enfance, son entraînement puis son départ pour la Première Guerre Mondiale, flanqué du militaire Steve Trevor. Elle s’efforce de nous conter son combat éternel avec un humour supposé bienvenu. Bref, elle reprend les idées de la maison concurrente…son Captain America en tête…Mais voilà tout se gâte très vite car copier n’est point gage de réussite et toutes les bonnes idées du monde si elles ne sont ni développées, mal exploitées ou encore mal filmées ne servent à rien. On pouvait espérer le portrait d’une femme forte (enfin un film de super-héros ou le personnage principal est une femme) confronté à la prédominance masculine et se jouant des préjugés…Oui, Jenkins en parle mais ne concrétise jamais l’essai, laissant de côté le spectateur au moment où la situation devient vraiment malicieuse : la scène du bain, celle du magasin de vêtement, la réunion diplomatique. Autant de perches jamais saisies.On était en droit d’attendre un film épique, au final se présente un cahier des charges minimales avec un seul moment de bravoure notable. Enfin, la pseudo morale du scénario avait déjà été utilisée précédemment par le studio avec Sherlock Holmes : Jeu d’ombres ; un comble ! Quant au couple Chris Pine Gal Gadot, il se morfond dans un océan de vacuité même pas porté par le thème musical qu’on attendait et qui ne vient jamais ou presque. Et quand commence le générique final et que s’achèvent les deux heures vingt de ce calvaire, on voit apparaître le nom de Snyder au scénario. On comprend alors les raisons de l’énième échec de la Warner.

Certes Pattie jenkins n’est jamais en manque d’idées, souvent pertinentes à la base mais jamais usées pertinemment. Wonder Woman tient plus de la déception tant on sent que le film aurait pu être bien plus. Cependant enfouies sous les platitudes de son auteur, les aventures de la déesse guerrière ne nous émeuvent pas…ni nous transportent.

Film américain de Pattie Jenkins avec Gal Gadot, Chris Pine, Connie Nielsen. Sortie le 7 juin 2017. Durée 2h21.

About François Verstraete

François VERSTRAETE, cinéphile et grand amateur de pop culture