Les grands vaincus de l’histoire, des loosers magnifiques

 

Un duo de vulgarisateurs

L’un (Buisson) est un journaliste, directeur adjoint du Figaro Magasine et l’autre (Hecht) est directeur de la collection « Vérités et légendes » chez Perrin. Aucun des deux n’est chercheur ou universitaire mais ils excellent cependant dans la vulgarisation de l’histoire auprès du grand public : Alain Decaux, autrefois, ne faisait rien d’autre. Ils sortent ensemble Les grands vaincus de l’histoire, rassemblant treize portraits d’hommes et de femmes qui ont perdus. Des destins brisés en quelque sorte. On ne trouvera pas Napoléon par contre, grand vaincu par excellence mais il est vrai que la bibliographie est déjà abondante.

 

Une collection hétéroclite

 

Ecrits à quatre mains, cette collection de portraits étonne. On y trouve Hannibal, génial stratège (sa tactique d’enveloppement par les ailes a fasciné jusqu’aux généraux nazis de la seconde guerre mondiale) et grand vaincu de l’antiquité, Jeanne d’arc, Vercingétorix, l’empereur aztèque Montezuma, Trotski et même Richard Nixon ! On saluera toujours, concernant ce dernier, les entreprises de réévaluation tant son bilan ferait aujourd’hui pâlir d’envie bien des élus démocrates…

 

 

Quelques erreurs…

 

Le grand public pourra donc se familiariser avec ces personnages, parfois hauts en couleur. On relève ici et là quelques erreurs. Ainsi la Sardaigne n’est pas annexée par Rome à l’issue de la première guerre punique mais lors de la guerre des mercenaires, peu après. Le débarquement de Cortes au Mexique n’a pas lieu en 1529 mais en 1519 (page 143). Ce sera sûrement rectifié lors d’une prochaine édition.

 

Sylvain Bonnet

 

Jean-Christophe Buisson & Emmanuel Hecht, Les grands vaincus de l’histoire, Perrin, avril 2018, 416 pages, 21 €

About Sylvain Bonnet

Spécialiste en romans noirs et ouvrages d'Histoire, auteur de nouvelles et collaborateur de Boojum et ActuSF.