De Staline à Hitler, l’observateur désespéré

Mémoires de diplomate

Voici donc les souvenirs d’un ambassadeur français moins connu qu’André-François Poncet mais qui a été en poste à Moscou puis à Berlin. Robert Coulondre (1885-1959) les a initialement publiés en 1950, sans qu’elles rencontrent un écho positif. Elles sont ici rééditées avec une introduction et des notes rédigées par François-Guillaume Lorrain, journaliste au Point et à qui on doit la direction d’ouvrages collectifs comme Les grandes décisions de l’histoire de France ou Révolutions françaises. Qu’apprend-on avec cet ouvrage ?

La grande faillite

Cet ouvrage est d’une lucidité implacable quant à la politique étrangère française des années trente auquel Jean-Baptiste Duroselle avait consacré un livre, L’abîme. De Moscou, Coulondre, lucide quant à la nature du régime communiste et spectateur des purges, ne cesse d’adresser des notes à Paris pour plaider pour une alliance de revers contre l’Allemagne nazie. Sans succès. Nommé à Berlin grâce à Daladier, Coulondre analyse bien le régime. Il rencontre Hitler à plusieurs reprises et rend bien compte de la nature du personnage, de son côté double (voire triple). Et chaque fois, la France fonce dans le mur, malgré la lucidité des notes ou des courriers de Coulondre. Formidablement glaçant.

 

Sylvain Bonnet

Robert Coulondre, De Staline à Hitler, introduction et édition de François-Guillaume Lorrain, Perrin, février 2021, 352 pages, 23 €

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About Sylvain Bonnet

Spécialiste en romans noirs et ouvrages d'Histoire et collaborateur de Boojum et ActuSF.