Mémoires du baron Fain, au travail avec Napoléon

Le baron et l’historien

Voici un document assez exceptionnel, les mémoires de celui qui fut le plus longtemps le secrétaire particulier de Napoléon, le baron Fain, publiées au début du XXe siècle par son arrière-petit-fils. Elles n’étaient plus disponibles depuis cette époque et Charles Eloi Vial, auteur du remarquable La famille royale au Temple (Perrin, 2018) a travaillé sur cette nouvelle édition, enrichie d’une introduction conséquente et d’un appareil critique impressionnant (plus de 500 notes explicatives).

Un bourreau de travail

Il est de bon ton en cette année de bicentenaire de critiquer Napoléon, fossoyeur de la Révolution et surtout responsable du rétablissement de l’esclavage. Je n’ai en tout cas jamais lu ou entendu qu’il s‘agissait d’un fainéant et ces mémoires le prouvent. Le baron Fain n’a de cesse de montrer l’empereur au travail. Être secrétaire du cabinet demandait une disponibilité permanente, d’écrire vite, à la dictée, les instructions impériales, de savoir lire aussi l’écriture de Napoléon. Avant Fain, Bourrienne s’était épuisé à la tâche. Avec Fain, il a trouvé le bon collaborateur. Le livre fourmille aussi d’anecdotes sur les maréchaux ou les ministres : un témoignage de premier ordre.

 

Sylvain Bonnet

Baron Fain, Mémoires, édition et introduction de Charles-Eloi Vial, Perrin, février 2020, 400 pages, 24 €

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About Sylvain Bonnet

Spécialiste en romans noirs et ouvrages d'Histoire et collaborateur de Boojum et ActuSF.