Trafalgar, la bataille décisive

L’amiral historien

On connait Rémi Monaque, amiral de la « Royale », ses ouvrages sur Latouche-Tréville (SPM, 2000) et Suffren (Tallandier, 2009), des commandants dont Napoléon regretta amèrement de ne pas avoir disposé à Trafalgar. Voici en tout cas la réédition chez Passés composés de l’ouvrage que Rémi Monaque consacra à la bataille décisive, celle qui établit jusqu’en 1945 la prééminence anglaise sur les mers.

Un plan prévu par Napoléon

Les qualités de l’ouvrage sont indéniables. Le récit est précis, documenté et décrit très bien les marines de l’époque (bravo pour le glossaire fourni au début de l’ouvrage). Remi Monaque établit très bien pour le lecteur néophyte que c’est Napoléon lui-même qui conçoit et établit le plan suivi par Villeneuve (qu’il connaît depuis l’expédition d’Egypte) : attirer la marine anglaise vers les Antilles pour permettre un éparpillement des forces rendant possible le débarquement français en Angleterre. Sauf qu’au moment de la bataille de Trafalgar le 21 octobre 1805, il n’en est déjà plus question. Villeneuve est trop longtemps resté en rade de Cadix et le camp de Boulogne est vidé de ses hommes partis remporter la victoire d’Austerlitz.

Un amiral trop décrié

A l’inverse de Michèle Battesti, Monaque ménage le perdant, Villeneuve. Il estime que le plan de Napoléon comportait beaucoup de risques sans laisser de grandes marges de manœuvres à ses officiers. Face à une Navy plus expérimentée et à un Nelson beaucoup plus intrépide, les français ont perdu aussi car l’empereur ne leur laissait aucune souplesse d’interprétation. Napoléon ne dominera jamais les mers, seulement le continent. Un ouvrage passionnant.

 

Sylvain Bonnet

Rémi Monaque, Trafalgar, Passés composés, mai 2021, 400 pages, 16 €

Articles relatifs :

About Sylvain Bonnet

Spécialiste en romans noirs et ouvrages d'Histoire et collaborateur de Boojum et ActuSF.