Le roman des damnés, l’itinéraire des nazis après 1945

Un historien iconoclaste

Journaliste de formation, Eric Branca a fait pas mal parler de lui en publiant L’ami américain (Perrin, 2017) où il retraçait combien Washington avait pendant trois décennies tout fait pour neutraliser le général de Gaulle et abaisser la France en s’appuyant sur des réseaux efficaces (les USA ont par exemple favorisé l’OAS et… le mouvement de mai 68). En 2020, Branca avait publié De Gaulle et les grands chez Perrin où il retraçait avec brio les relations du Général avec des leaders comme Churchill bien sûr mais aussi Kennedy. Dans Le roman des damnés, il revient sur le parcours des anciens nazis qui ont réussi à se recycler après mai 1945.

Des damnés très utiles

Douze portraits donc d’hommes (et une femme) qui ont réussi à rebondir à l’Ouest (mais aussi à l’Est comme le montre l’itinéraire du vaincu de Stalingrad, Paulus). On connaissait la carrière de Kiesinger, le chancelier qui fut giflé par Beate Klarsfeld. On est frappé de voir comment un général comme Heusinger, un des concepteurs de Barbarossa, complice de la shoah, a fini par présider le comité militaire de l’OTAN. On est fasciné par Skorzeny, le libérateur de Mussolini en septembre 1943, qui finit lui par travailler pour le Mossad (!). Et puis il y a Von Braun, le génie des fusées qui permit l’exploit des missions Apollo : on sait maintenant qu’il utilisa sans trop de problèmes de conscience les déportés de Dora pour édifier ses complexes destinés à lancer les V2. Précis et glaçant.

 

 

Sylvain Bonnet

Eric Branca, Le roman des damnés, Perrin, mai 2021, 432 pages, 24 €

Articles relatifs :

About Sylvain Bonnet

Spécialiste en romans noirs et ouvrages d'Histoire et collaborateur de Boojum et ActuSF.