Venom: let there be Carnage

Maximum Carnage pour le cinéma

Sur la demande du condamné à la peine capitale, Eddy Brock rencontre Cletus Casady un redoutable tueur en série. A l’issue de leur conversation,  le journaliste, guidé par l’intuition de son alter-ego Venom, permet aux autorités de retrouver les corps ensevelis des victimes du meurtrier. Une révélation qui lui attirera les foudres de Casady, doué également de sa propre version du symbiote et de son alias, Carnage…

Etrillé par la critique mais fort d’un énorme succès au box-office, le premier volet des aventures de Venom divisa pour mieux régner. Voguant sur ces recettes plus qu’encourageantes, Sony propose donc une suite avec Venom : Let there be Carnage.

Le précédent long-métrage souffrait de trop nombreux défauts pour tous les citer ; outre une mise en  scène inexistante, les vecteurs d’approche pour adapter cette franchise made in Marvel avaient de quoi décontenancer. Séparer le personnage de son ennemi jumeau à savoir Spider-Man, lui enlevait une grande partie de son essence et surtout de son intérêt. Pis encore, comment justifier l’esthétique et les pouvoirs similaires au héros incarné par Peter Parker…En outre user d’un humour potache et graveleux à la Deadpool ne sied absolument pas à l’antihéros…

Pour ce second opus, Andy Serkis officie derrière la caméra, acteur connu pour ses rôles de Gollum dans la saga du Seigneur des anneaux de Peter Jackson ou plus récemment de César dans le reboot de La planète des singes (sans compter des apparitions dans le Marvel Cinematic Universe ou encore Star Wars). Son expérience en qualité de réalisateur se résume à des direct to video, notamment sa version du Livre de la jungle sur la plateforme Netflix. Tom Hardy quant à lui, outre le fait d’endosser de nouveau le rôle phare de la licence, cosigne le scénario. Objectif  des deux hommes, centrer cet épisode autour de Casady/Carnage, figure bien connue des initiés au comic book, interprétée ici par le vétéran Woody Harrelson.

Dès les premières minutes, Andy Serkis récite sa leçon, en appliquant la recette des origines, contant la déchirante histoire liant Casady à Frances. Déchirante, en fait non car la scène annonce dès lors le calvaire à venir, celui d’assister à un spectacle indigne, pire que le précédent. Incapable de lier correctement les différents actes de son long-métrage, Andy Serkis enterre le spectateur sous une pluie de scènes et de plans via une narration décousue et vide de sens. Relançant sans cesse l’action par des punchlines douteuses, le cinéaste (euh en est ce vraiment un) enterre le peu de crédibilité qui lui reste.  Quant à la direction d’acteurs, elle s’avère inexistante alors que le casting plutôt séduisant sur le papier cabotine voire s’ennuie (pensée pour Michelle Williams). En outre, les amateurs de démesure n’en auront point pour leurs frais, tant l’insipide et la vacuité rejoignent les semblants d’exploits des protagonistes.

Force est de constater qu’Andy Serkis sert avec ce Venom : Let there be Carnage ce qu’il sait faire de mieux, à savoir un mauvais direct to video, bouillie informe qui noie dans sa nasse spectateurs ou acteurs embarqués dans une galère innommable. Le long-métrage rejoint quelques mauvaises perles du genre (SpawnElektraDaredevilFantastic four ou encore Catwoman) et ne ravira même pas les amateurs de nanars décomplexés…

Film américain d’Andy Serkis avec Tom Hardy, Michelle Williams, Woody Harrelson. Durée 1h37. Sortie le 20 octobre 2021

 

Articles relatifs :

About François Verstraete

François VERSTRAETE, spécialiste des cultures obliques (manga, comics, SF, JdR, JCC, MMorpg) et du cinéma de genre