La légèreté et le grave, raconter une époque par la peinture

Une spécialiste des femmes et du dix-huitième siècle

Connu du grand public des amateurs pour ses interventions dans l’émission Secrets d’histoire, Cécile Berly étudie l’épistolaire féminin : on lui doit ainsi un ouvrage sur les Lettres de madame de Pompadour (Perrin, 2014). Elle s’intéresse aussi à des figures comme la peintre Élisabeth Vigée Le Brun à qui elle consacre un ouvrage pour les éditions Artlys en 2015 et un chapitre très intéressant de son Trois femmes (Passés composés, 2020). Avec La légèreté et le grave elle a choisi de raconter le XVIIIe siècle  à travers dix tableaux.

La frivolité et le drame

Passionnant dix-huitième siècle qui s’ouvre avec la Régence et se termine avec la Révolution ! Cécile Berly convoque ici dix tableaux dus à Watteau, Boucher, Quentin de la Tour, David et Élisabeth Vigée Le Brun. On y découvre une époque où les femmes acquièrent une stature sociale (du moins dans une partie de l’aristocratie) et où perce la transgression : pensons à l’odalisque brune de Boucher et à ses fesses offertes et au portrait de madame de Pompadour par Quentin de la tour, femme de pouvoir si détestée (et ce encore de nos jours si on écoute un certain polémiste). Et évoquons Le Verrou de Fragonard dont l’interprétation de nos jours fait débat (scène de désir ? Scène de violence ?). Un siècle qui se termine entre l’aspiration à l’antique chez David avec le serment des Horaces et les toiles de Vigée Le Brun si douces et si remplies d’émotion.

Cécile Berly consacre à l’art pictural de ce siècle des Lumières des pages remplies d’érudition, très percutantes aussi. Excellent ouvrage.

 

Sylvain Bonnet

Cécile Berly, La légèreté et le grave, Passés composés, octobre 2021, 192 pages, 24 €

About Sylvain Bonnet

Spécialiste en romans noirs et ouvrages d'Histoire, auteur de nouvelles et collaborateur de Boojum et ActuSF.