Le Proche-Orient de Pompée à Muhammad, orientalisme antique

Une entreprise passionnante

 

La collection « mondes anciens » chez Belin donne à lire des ouvrages reflétant les progrès de l’historiographie. Catherine Saliou, professeure d’histoire romaine à l’université Paris VIII et directrice d’études à l’école pratique des hautes, coordinatrice de nombreux ouvrages collectifs, s’est ici attelé à la tâche de nous présenter un panorama de l’évolution du Proche-Orient antique de Pompée à Muhammad, inscrivant ainsi ses pas dans ceux de Maurice Sartre : ce dernier s’était livré au même exercice, de l’époque d’Alexandre aux IIIe siècle (D’Alexandre à Zénobie, Histoire du Levant antique, Fayard, 2001).

 

Une région phare

 

Le Proche-Orient de l’époque est le carrefour du monde connu, à mi-chemin de la Méditerranée, de la Perse et de l’Inde, accessible par voie maritime. C’est une région caractérisée par le plurilinguisme (Latin mais surtout grec, araméen et bientôt l’arabe), peuplée (à peu près dix pour cent des soixante millions d’habitants que compte l’empire romain) et dynamique commercialement. Mais c’est aussi une région soumise aux raids des perses sassanides du IIIe au VIIe siècle, avant d’être conquise par les arabes. La dissidence religieuse (les Syriens sont majoritairement monophysites) a pu y contribuer mais gardons-nous de toute démarche téléologique : la victoire militaire arabe était imprévue.

 

Excellente synthèse.

 

 

 

Sylvain Bonnet

 

Catherine Saliou, Le Proche-Orient de Pompée à Muhammad, Belin « mondes anciens », octobre 2020, 596 pages, 39 €

About Sylvain Bonnet

Spécialiste en romans noirs et ouvrages d'Histoire, auteur de nouvelles et collaborateur de Boojum et ActuSF.