Félicité de Genlis, une femme de lettres à redécouvrir

 

Une auteure oubliée

On connait mal de nos jours Félicité de Genlis (1746-1830), femme de lettres du XVIIIe siècle qui eut une certaine influence sur George Sand ou Balzac. Martine Reid, professeure émérite à l’université de Lille, auteure d’une biographie de George Sand (Gallimard, 2013), lui consacre ici une biographie publiée aux éditions Tallandier.

Une femme de paradoxes

Voici donc le portrait de Félicité de Genlis, femme des Lumières qui déteste les philosophes, qui a connu Rousseau et qui entreprend de corriger son fameux traité sur l’éducation, l’Emile. Mariée très jeune, très attachée à la religion, elle entre au service de l’épouse du duc de Chartres, fils du duc d’Orléans et futur Philippe Egalité et devient… l’amante du mari de sa maîtresse. Cela n’empêche pas son amant dont elle a une fille de faire d’elle la gouvernante de ses enfants. Elle va appliquer à ses ouailles des méthodes d’éducation assez novatrices, leur faisant apprendre plusieurs langues et en faisant d’eux des princes « démocratiques ». Toute l’existence de Genlis est faite de ces paradoxes. Elle se révèle aussi une romancière de talent.

Des inexactitudes

Une bonne biographie, gâchée par des inexactitudes : la France compte 28 millions d’habitants et non 20 millions en 1789. Quant au château de Saint Leu, il a appartenu à Louis Bonaparte et Hortense de Beauharnais et non à Jérôme Bonaparte (page 151).

Un personnage à redécouvrir en tout cas.

 

Sylvain Bonnet

Martine Reid, Félicité de Genlis, Tallandier, janvier 2022, 288 pages, 21 €

About Sylvain Bonnet

Spécialiste en romans noirs et ouvrages d'Histoire, auteur de nouvelles et collaborateur de Boojum et ActuSF.