La chute de Babylone, les empires passent et trépassent

Un historien de la Mésopotamie

Professeur émérite à l’université Paris I, Francis Joannès est connu pour avoir publié plusieurs ouvrages sur la Mésopotamie. Citons ainsi La Mésopotamie au Ier millénaire avant J.C (Armand Colin, 2000), Les premières civilisations du Proche-Orient (Belin, 2006) et un ouvrage collectif, La Mésopotamie de Gilgamesh à Artaban (Belin, 2017) aux côtés de Bertrand Lafont, Aline Tenu et Philippe Clancier. Il publie chez Tallandier ce printemps La chute de Babylone.

L’empire néo-babylonien

Babylone, ville décriée dans l’ancien testament, est une des civilisations de Mésopotamie les  riches et les plus originales, bénéficiant d’une aura religieuse unique grâce à la présence de nombreux temples. Babylone a fait partie de l’alliance qui a mis à bas l’empire assyrien qui avait dominé le Proche-Orient durant plusieurs siècles (je renvoie à la synthèse excellente de Josette Elayi parue l’année dernière chez Perrin) et a fondé un empire dirigé par des rois comme Nabopolassar ou Nabuchodonosor II. Mais c’est un usurpateur, Nabonide, qui a pris la place de leurs descendants et règne au moment où Cyrus prend la ville.

Un pouvoir fragile

Pourquoi une telle chute ? L’auteur utilise toutes les sources possibles pour comprendre l’évènement. Usurpateur, Nabonide ne bénéficiait pas du plein soutien des élites religieuses de la cité. Il a aussi tenté une réforme religieuse en privilégiant le dieu de la Lune, Sîn, au détriment de Marduk, et en concentrant tous les dieux des villes mésopotamiennes à Babylone. Les perses de Cyrus avaient donc face à eux un empire affaibli et prirent la ville avec facilité. S’ils ne la détruisirent pas, ils firent cependant de Babylone une cité de second rang, détournant le flux financiers des tributs vers la Perse et des villes comme Persépolis. Vraiment passionnant, La chute de Babylone est une fenêtre sur une région et une période à découvrir.

 

Sylvain Bonnet

Francis Joannès, La chute de Babylone, Tallandier, mars 2022, 384 pages, 23,50 €

About Sylvain Bonnet

Spécialiste en romans noirs et ouvrages d'Histoire, auteur de nouvelles et collaborateur de Boojum et ActuSF.