Muscle, un premier roman déroutant




Le parfait inconnu

Soyons clairs : on ne connait pas du tout Alan Trotter. On sait juste qu’il est né à Edimbourg et que Muscle est son premier roman, plein d’hommages appuyés au roman (et au film) noir américain. Mais n’est-ce que cela ? Un hommage ? Creusons.

Mike Hammer n’est pas loin

Voici une ville dominée par la violence et désertée. On trouve deux hommes qui s’associent dans le crime. Ils sont bientôt engagés par des gangsters pour recouvrer les dettes impayées : une tâche pour laquelle ils se révèlent très doués. Ils passent sinon leur temps à jouer aux cartes dans des tripots, en compagnie d’individus disons peu recommandables. L’un d’eux s’appelle boite et l’autre n’a pas de noms. On va suivre ce duo de porte flingues bodybuildés qui dézingue tout ce qui bouge sur leur passage, sans trop se poser de questions. Mais Boîte lit, il se prend d’affection pour les récits de science-fiction d’Holcombe, un de leurs clients. On retrouve bientôt le cadavre de ce dernier…

Un OVNI

La lecture de Muscle est déroutante au point qu’on finit par se poser cette question : sommes-nous d’ailleurs dans le polar ou le fantastique ? Parce que petit à petit, on bascule vers autre chose. On a parfois d’être en plein existentialisme. Le monde décrit ici s’avère de plus extrêmement fragile, glissant. Pour autant, Muscle est trop déroutant, on peine à s’attacher à suivre le personnage principal (les autres aussi d’ailleurs) dans un univers beaucoup trop ancré dans les références du roman noir, surtout les plus caricaturales. Malgré tout, Alan Trotter a du souffle : on aimerait en lire un autre.

 

Sylvain Bonnet

Alan Trotter, Muscle, traduit de l’anglais par Yoko Lacour, Denoël, mars 2021, 304 pages, 22 €


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About Sylvain Bonnet

Spécialiste en romans noirs et ouvrages d'Histoire, auteur de nouvelles et collaborateur de Boojum et ActuSF.